| punk_life | | Membre | | 36 messages postés |
| Posté le 18-03-2006 à 18:08:11
| Le ski réunit sous son nom deux conceptions bien différentes : le ski nordique, à lévidente antériorité, et le ski dit « alpin » , développé au cours du XXe siècle. Lorsquen 1888 lexplorateur Fridtjof Nansen traverse le Groenland sur deux planches en compagnie de skieurs lapons, il y a des siècles, des millénaires que les hommes du septentrion évoluent ainsi dans leur univers quotidien. Quant aux compétitions proprement dites, on relève en Norvège, dès 1774, des règlements de courses militaires. En 1924, à Chamonix, la première Semaine internationale des sports dhiver, qui deviendra rétroactivement la première célébration du cycle particulier des jeux Olympiques dhiver, va confirmer lhégémonie des Scandinaves, dont il a pourtant fallu vaincre les réticences pour que cette manifestation soit organisée. Seuls se trouvent au programme, en matière de ski, le fond et le saut . De nos jours, les Jeux ou les Championnats du monde comprennent classiquement des épreuves de 10, 15, 30 et 50 kilomètres, sans oublier le beau relais 4 fois 10 kilomètres pour les hommes ; 5, 10 kilomètres et relais 4 fois 5 kilomètres pour les femmes. Norvégiens (Hallgeir Brenden, Johan Gröttumsbraaten, Björn Daehlie, Vegard Ulvang, Thomas Alsgaard), Finlandais (Veikko Hakulinen, Eero Mäntyranta, Mika Myllyylä) et Suédois (Sixten Jernberg, Thomas Wassberg, Gunde Svan), longtemps invincibles, nont plus le monopole des grandes victoires : skieurs et surtout skieuses de lEurope de lEst (chez les hommes, le Kazakh Vladimir Smirnov ; chez les femmes, les Russes Lioubov Egorova, Larissa Lazutina et Elena Välbe), italiens (Silvio Fauner ; Stefania Belmondo, Manuela Di Centa) voire américains (Bill Koch dans les années 1980) prennent souvent place sur les podiums. Mais le ski de fond est souvent touché par des problèmes de dopage. Ainsi, en 2001, plusieurs membres de la délégation finlandaise ont été disqualifiés lors des Championnats du monde et, lors des jeux Olympiques de Salt Lake City en 2002, lEspagnol Johann Mühlegg et les Soviétiques Olga Danilova et Larissa Lazutina ont été convaincus de dopage. Quant aux courses de très grand fond, disputées en ligne et non pas individuellement contre le chronomètre, et dont la légendaire Vasaloppet (remportée par le Français Jean-Paul Pierrat en 1978) constitue le prototype, elles connaissent un succès considérable et sont peu à peu devenues des épreuves de masse auxquelles participent des milliers de concurrents. Une révolution technique sest produite à la fin des années 1980, le pas glissé alternatif ayant vu son efficacité battue en brèche par le demi-pas de patineur un ski restant dans la trace, lautre divergeant, ce qui assure une progression extrêmement vigoureuse, mais ne va pas sans troubler les puristes. Depuis 1992 se disputent ainsi aux jeux Olympiques des épreuves en style « classique » (le demi-pas de patineur est interdit) et en style libre. Aux skis très légers et fins du « fondeur » et à sa tenue toute simple sopposent les skis larges, longs et épais, aux semelles à rainure, des sauteurs qui sélancent de pistes délan dont la longueur est de 70 ou de 90 mètres (plus de 120 mètres pour le vol à ski), lévaluation du style (au décollage, en lair, à la réception) intervenant dans le classement, et non seulement la distance aérienne parcourue avant de retoucher terre. Parmi ces maîtres des airs, les Finlandais Matti Nykänen, Toni Nieminen et Jani Soininen, les Japonais Masahiko Harada et Kazuyoshi Funaki, les Allemands Jens Weissflog, Martin Schmitt et Sven Hannawald (qui est devenu, en 2002, le premier à réussir lexploit de remporter les quatre concours de la célèbre Tournée des quatre tremplins), le Suisse Simon Amman, double champion olympique en 2002, se sont particulièrement distingués. Divers types de combinés existent entre ces spécialités. Le Français Fabrice Guy a été champion olympique de combiné nordique en 1992. Lautre face de ce sport est représentée par le ski alpin. Sur les fortes pentes des Alpes, il était en effet appelé à prendre dautres trajectoires, car se posaient immédiatement les problèmes de la vitesse, de larrêt avant la chute, du virage. Cest en Suisse que vont avoir lieu les premiers concours, sous limpulsion de Britanniques, et notamment dArnold Lunn. En 1911, à Montana, dintrépides jeunes gens se lancent dans une descente dont le vainqueur mettra plus dune heure à rejoindre la vallée. En 1922, à Mürren, cest le premier slalom succession de virages entre des portes marquées par des piquets. Mais il faudra de longues batailles pour que la Fédération internationale accepte le principe de Championnats du monde, qui seront livrés pour la première fois à Mürren en 1931, puis lintroduction de la descente et du slalom aux jeux Olympiques de Garmisch-Partenkirchen en 1936, leur combiné donnant seul droit à lattribution des titres et médailles olympiques. Au début du XXIe siècle, le ski alpin a profondément évolué. La guerre des méthodes telle celle, autrichienne, de lArlberg, ou celle, française, que le champion Émile Allais et le grand dirigeant Paul Gignoux firent notoirement progresser a conduit à une constante progression de la technique. Les pistes sont de moins en moins naturelles, étant donné les risques nés des vitesses croissantes qui imposent des aménagements. Le matériel ski, chaussures, fixations, vêtements fait lobjet de constantes recherches : entre la vieille paire de skis rouges en bois que cherchait fiévreusement Henri Oreiller, après lavoir égarée, à travers tout Saint-Moritz à la veille de sa descente olympique victorieuse de 1948 et les skis modernes (plastique et fibre de verre pour lessentiel), la différence est surprenante. Des équipes de techniciens professionnels suivent maintenant le cirque blanc des grandes compétitions. Créée en 1967, la Coupe du monde a réuni les épreuves majeures, puis sest hypertrophiée au point dencombrer une saison de plus en plus longue. Les rendez-vous majeurs demeurent : les jeux Olympiques et les championnats mondiaux. Les « combinés » nont plus guère dimportance, la spécialisation de plus en plus poussée tendrait à séparer les champions et championnes de la descente, du slalom spécial et de ces deux disciplines intermédiaires que est devenus le slalom géant, puis le super géant. Le prestige de Toni Sailer , Jean-Claude Killy , Ingemar Stenmark , Pirmin Zurbriggen, Alberto Tomba, Marc Girardelli, Hermann Maier, Marielle Goitschel , Anne-Marie Proell-Moser, Vreni Schneider, Deborah Compagnoni, Janica Kostelic reste dû à leur lucidité et à une domination de plusieurs années. Ajoutons que dautres modes de ski apparaissent, tels le ski extrême, sur des pistes vertigineuses, et le ski acrobatique, à base de figures, popularisé par Edgar Grospiron. Lhomme maîtrise toujours mieux un instrument dont il repousse sans cesse les limites dutilisation, et qui propose désormais à des millions de personnes à travers le monde la joie salubre des « sports dhiver ». Le biathlon, difficile composé de ski et de tir à la cible, a suivi sa voie propre, rappelant ainsi les origines militaires du ski compétitif. Les Français (Patrice Bailly-Salins, Raphaël Poirée) et les Françaises (Anne Briand, Véronique Claudel, Corinne Niogret) ont multiplié les succès, à partir des années 1990, dans cette discipline. Quant au Norvégien Ole Einar Björndalen, il a réussi lexploit de conquérir les quatre médailles dor attribuées lors des jeux Olympiques de Salt Lake City en 2002.
-------------------- Le silence est le Disert de l'Esprit |
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